Mariages des mineures

L’ASSOCIATION ANAOUAT ET SES PARTENAIRES LANCENT UNE NOUVELLE INITIATIVE POUR CONTRER LES MARIAGES PRECOCES ET FORCES AU MAROC

 

Des parlementaires, des représentants de la santé, de la justice, des ONG, des Conseillers Religieux, des Professeurs et des journalistes vont se réunir le 19 Mars 2019 afin de discuter des perspectives autour de ce sujet.

Grâce à la campagne menée par l’association Anaouat, entre 2016 et 2017 – en soutien avec l’Iemed et l’Union Européenne, l’avenir de milliers de jeunes filles est une nouvelle fois remis en question. Anaouat et ses partenaires souhaitent aujourd’hui revenir sur cette campagne et approfondir une nouvelle fois le sujet. Le mouvement cherche à obtenir des soutiens en faveur d’un investissement national plus important pour la santé physique et mentale ainsi que l’insertion égalitaire desdites concernées.

Le mariage précoce touche plus particulièrement les zones pauvres, rurales du Maroc, où les populations ont un faible niveau de vie et un accès à l’éducation plus compliqué, par manque de moyen. Dans la plupart des cas, les familles ayant recours aux mariages forcés et précoces de leurs filles, espère un avenir meilleur pour leurs filles et répondent aux pressions de la société les entourant.

Néanmoins, ces jeunes femmes voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation bafoués et volés, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Les mariages précoces et forcés maintiennent les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et de soumission, de génération en génération.

De graves conséquences sont perpétuées pour l’avenir de ces jeunes filles mais également pour leur entourage et pour le pays tout entier. En effet, les grossesses précoces sont la première cause de mortalité chez les jeunes femmes ayant subis un mariage forcé et précoce. Il y a également des répercussions psychologiques, sociétales et conjugales, néfastes pour la santé de la première concernée.

D’après les études menées pendant la campagne des mariages sur mineures, il a été recensé 198 filles victimes en 2016, seulement sur un échantillon de 3 communes de la région Marrakech-Safi.

Lors de l’événement, les participants auront l’occasion d’entendre un témoignage d’une victime de mariage précoce ainsi que les interventions de différentes personnes publiques où des parallèles se feront entre la loi et la réalité, la religion, la santé des jeunes filles, au niveau régional et national.

Les objectifs principaux de cette réunion sont de sensibiliser à propos de ces pratiques traditionnelles et de les inclure dans le monde actuel, en prenant en compte les enjeux que cela comporte. Mais également de ressortir avec des engagements concrets envers les victimes des mariages précoces et forcés et la loi. Pour ce faire, une charte circulera et nous comptons sur les parties prenantes présentes pour la signer et déclarer solennellement leur collaboration à ce projet.

 

 

Ce mardi 19 Mars s’est déroulé le débat national concernant les mariages précoces et forcés. Plus de 40 personnes étaient présentes, dont le Procureur de Marrakech, des juges de la Province de Chichaoua, des Conseillers Religieux, 3 partis politiques (PJD, PI, USFP), des docteurs dans différentes spécialités, des associations luttant pour les Droits Humains ainsi que des journalistes de différents médias. Plus d’une dizaine d’intervenants afin d’aborder le sujet de différentes manières : le mariage des mineures et la loi, le mariage et la religion, les mariages précoces et la santé pour lesdites concernées et bien sûr, les mariages forcés et la violation des libertés individuelles. Le débat national a été une réussite pour chacun, beaucoup de propositions ont émergées et des perspectives d’avenir ont été abordées. L’article 20 du Code de la Famille a été beaucoup critiqué, et de manière unanime, nous nous sommes mis d’accord sur la demande d’abroger cet article. A la suite de cet atelier, il a donc été convenu l’élaboration d’un plaidoyer au niveau national. Pour ce faire, l’association Anaouat va distribuer la charte à signer puis, à l’aide de toutes les parties prenantes, elle sera diffuser sur le territoire auprès des organismes et institutions souhaitant prendre part à la cause, dans l’intérêt de l’Enfant.